Y n’en a qui sont nés à Nashville,
E pis d’awtes c’est au sud de Granville
Ma j’se d’la 2eme categorie : y a point choix du peyis ‘you q’on vit.
E qu’on seuche ben-eyse ou malchançou
Dans l’monde entië ça chante de partout.
Prèy d’Bazouges-la-Perouze, je se peysan fan de blues
E je huche à longhieur de temps :
Quand la Marie est jalouse :
« je chante le blues ! »
Quand je cheu le ney dans la bouse :
« je chante le blues ! »
Quand le med’cin m’dit de m’colleu des ventouses :
« je chante le blues ! »
Y a pas qu’au bord du Missisipi,
On chante le blues mînme dans not’ pays.
J’prends mon cas, ma qui se un Berton,
J’connaye l’blues aussi ben qu’mes cochons.
Au matin dés la frime, j’ecout’ du Memphis Slim,
J’met la l’tiere do John Lee HOOKER.
Je m’enfile tchoques chopines, comme la Ja - nis Joplin
E je huche de p’us en p’us haw !
Quand la Marie est jalouse :
« je chante le blues ! »
Quand o n’vieut point que j’trousse sa blouse :
« je chante le blues ! »
Que mon commis la touche do ses mains toutes crassouses :«
je chante le blues ! »
Y a pas qu’à la Nouvelle-Orleans,
O huche le blues diqu’ dans l’Morbihan.
BB KING - à fond su - mon tracteur
Mînme dans l’etab’ mes vaches se mettent à breure.
E si j’avaye appris la ghuitare, au lieu d’cultiveu mes 30 hectares,
Je s’re connu comme Le mec, champion de bootleneck,
Le grand « bouse-man » du Nord de Vannes.
Quand la Marie est jalouse :
« je chante le blues ! »
Quand o n’vieut point que j’trousse sa blouse :
« je chante le blues ! »
Mains qu’o s’echappe do mon commis lin d’Bazouges :
« je chante le blues ! »
